| Durant les 2 premières semaines, j'ai souffert de nombreuses et sérieuses chutes de la tension artérielle, à la suite du manque brusque de sel dans l'organisme.
Vomissant les prises de sel que j'ai tenté de prendre pur ou dans de l'eau, j'ai dû me résoudre à consommer un bouillon en soirée.
J'ai ainsi stabilisé ces baisses subites et imprévisibles de tension et les risques d'accidents par chutes qu'elles occasionnaient.
Depuis mon arrivée à la Colonie EPO à Orbe (du 6.7.2007 au 28.9.2007 j'étais à la Croisée), j'ai été affecté aux cuisines - job intéressant pour quelqu'un qui fait une grève de la faim... et j'ai collaboré à la chaîne de lavage.
Bien que ce travail ait été fatigant, j'ai apprécié de pouvoir m'occuper et j'ai même demandé à pouvoir travailler le week-end, bien que ce fut facultatif. Alors que le travail m'occupait l'esprit, je supportais cependant très mal mon temps passé en cellule, durant lequel je ruminais les abus de pouvoir abjectes dont je suis Victime de la part de magistrats partiaux et arbitraires, indignes de leur fonction, qui m'ont condamné.
Une pause de 2.00 H à midi, me permettait de récupérer et d'assurer mon travail de l'après-midi. Il était fréquent que je m'assoupisse et que la sonnerie de reprise du travail me réveille à 13.20 H.
Sur mon lieu de travail, lorsque je manquais d'énergie, j'ai dû compenser ces besoins par la consommation de thé froid sucré, afin de ne pas devoir abandonner ma tâche.
J'ai été particulièrement reconnaissant d'avoir pu en tout temps continuer mon activité, malgré l'état dégressif régulier de mes forces, sachant qu'avant ma grève, je soulevais facilement 50 à 60 kilos, alors qu'à ma libération je peinais à en soulever 10 kg.
Je saisis cette occasion pour remercier mes collègues détenus, qui ont toujours montré beaucoup de compréhension pour mon état et ne manquaient jamais de me donner un coup de main en cas de nécessité.
Je suis aussi convaincu que mes moments de méditation et recueillement ont contribué à me fournir l'énergie nécessaire qui m'a permis d'être relativement bien, compte tenu du contexte dans lequel j'avais choisi d'évoluer.
Là aussi, je remercie le service médical pénitenciaire, qui tout en m'ayant rendu attentif sur les conséquences de mes choix, a respecté mes décisions et m'a apporté tout son soutien, dans la mesure des limites que je m'étais fixées.
Dans ces limites et jusqu'à la fin de ma grève de la faim le 2.11.2007 au soir, j'ai refusé les recommandations médicales consistant à prendre des vitamines pour éviter les carences qui pouvaient devenir graves.
Par contre, j'ai toujours veillé à consommer au moins 3 litres de boissons chaque jour (thé, café, infusions, 1 bouillon le soir) et j'ai également été attentif à hydrater quotidiennement et généreusement ma peau par un lait corporel, pour éviter tout dessèchement et la survenance d'escarres.
J'étais suivi quotidiennement par le service médical de la prison, pour le contrôle de ma tension (stabilisée par un médicament contre l'hypertension), le pouls et l'évolution de ma perte de poids.
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